Découvrez les conseils de Elena Ivanoff, architecte d’intérieur, et rencontrez la au Labo Déco de Brest, du 3 au 6 octobre 2025.
Qui n’a jamais eu cette impression tenace que son intérieur, aussi charmant soit-il, ne fonctionne pas vraiment ? Trop étroit ici, mal organisé là… Et si le vrai problème n’était ni la taille de votre logement, ni son style, mais la façon dont il est pensé ?
Optimiser son espace, ce n’est pas seulement une affaire d’esthétique. C’est une question de fluidité, de confort, et surtout de justesse. Ce n’est pas la surface qui crée le bien-être, c’est l’intelligence de l’agencement. Le secret ? Savoir observer, ajuster, et surtout… décider. Qu’on vive dans 30 ou 150 m², un espace mal conçu fatigue et encombre l’esprit. À l’inverse, un lieu bien structuré, même compact, peut devenir un véritable cocon. Un cocon fonctionnel et agréable à vivre, où chaque mètre compte.
Cette approche, je l’ai développée lors du dernier Labo Déco du Salon de l’Habitat de Brest, où j’accompagne les visiteurs dans la transformation concrète de leurs espaces de vie, avec des coachings gratuits et personnalisés. Parce qu’un intérieur qui vous ressemble, c’est un intérieur qui vous soutient au quotidien. Et parfois, il suffit d’un bon conseil au bon moment pour tout débloquer.
En attendant notre prochaine rencontre en octobre, voici 5 conseils essentiels, concrets et activables pour transformer dès aujourd’hui votre intérieur.
1. Dégagez les circulations : quand l’espace commence par les gestes
Ce que j’observe en premier en entrant dans un intérieur, c’est la manière dont on s’y déplace.
Un intérieur qui gêne la marche, qui force à contourner ou à se faufiler, freine inconsciemment votre quotidien. Même si l’on ne s’en rend pas compte consciemment, le corps, lui, le ressent.
Un bon agencement permet des mouvements naturels, sans obstacle, sans ralentissement.
Un couloir encombré, un meuble mal placé, un passage trop étroit : autant de détails qui créent une tension invisible mais réelle.
Passons à la pratique :
Prévoir 80 à 90 cm entre deux meubles majeurs : table, canapé, îlot.
Laisser 120 cm dégagés à l’entrée pour un accueil fluide.
Cartographier vos trajets quotidiens : si vous contournez un meuble plusieurs fois par jour, c’est qu’il est mal placé.
Chaque pas fluidifié est une énergie gagnée ! Un espace qui “coule”, c’est un quotidien apaisé.
2. Meublez à la bonne échelle : la puissance des proportions
Quand un espace semble “bancal”, ce n’est pas une question de style, mais d’échelle.
La bonne échelle n’est pas une affaire de goût, mais de dialogue spatial entre objets et volumes.
Un meuble trop grand écrase la pièce. Trop petit, il flotte et donne une impression de vide. Nos yeux lisent une pièce avant notre cerveau : si les proportions sont déséquilibrées, l’inconfort apparaît, même sans qu’on sache pourquoi.
Passons à la pratique :
Ratio 1/3 pour le sol : un meuble ne devrait pas occuper plus d’un tiers de la pièce
Exemple : dans un salon de 15 m², un canapé au-delà de 5 m² d’emprise visuelle écrase l’espace.
Règle des 2/3 pour les murs : un meuble adossé trouve son équilibre quand il occupe deux tiers du mur
Pensez en hauteur : dans une pièce à plafond haut, choisissez des meubles plus hauts ou jouez sur la verticalité
Créez des ensembles cohérents : un grand canapé peut fonctionner dans un petit salon s’il est accompagné de pièces fines et aérées
Exemple concret
Dans un séjour spacieux mais meublé uniquement de petits éléments légers, l’ajout de pièces plus imposantes a rétabli l’équilibre visuel sans compromettre la fluidité.
3. Pensez verticalité : exploitez ce que vous ne voyez pas (encore)
Dans la majorité des intérieurs, tout se passe sous la ligne des 100 cm. Résultat : le bas est surchargé, les hauteurs sont oubliées. Un espace dense, parfois étouffant, alors qu’une ressource précieuse reste inutilisée : la verticalité.
Penser vertical, c’est déployer l’espace dans toutes ses dimensions et revaloriser des volumes oubliés comme le haut d’un mur, un linteau ou une cage d’escalier.
Passons à la pratique :
Créez un point d’appel visuel entre 160 et 180 cm : étagère, tableau, applique.
Structurez vos murs en trois niveaux :
Bas : mobilier, rangements
Moyen : miroirs, cadres, appliques
Haut : plantes suspendues, frises légères
Exploitez les hauteurs oubliées :
Au-dessus des portes ou meubles hauts
Dans une cage d’escalier (galerie verticale)
En cuisine, salle de bain ou entrée : rangements hauts et ouverts
Astuce déco : Poser un rideau au plafond – plutôt qu’au-dessus de la fenêtre – allonge visuellement la pièce et la rend plus élégante.
4. Clarifiez les fonctions : chaque zone doit raconter quelque chose
Un espace est réussi si chaque zone a un rôle clair.
Dans les intérieurs ouverts, les usages ont tendance à se superposer… et le cerveau se perd. La solution ? Structurer sans cloisonner.
Clarifier, c’est organiser de façon lisible, intuitive et cohérente.
Passons à la pratique :
Un tapis bien dimensionné ancre visuellement une zone. Il doit dépasser d’au moins 30 cm autour du meuble principal pour une vraie assise visuelle.
La lumière devient un signal d’usage : suspension, liseuse, spot directionnel.
Une couleur ou texture délimite une zone : peinture, papier peint, matière.
Exploitez les micro-espaces oubliés :
Sous un escalier : bureau, banquette, rangement.
Derrière une porte : tablette, miroir, patères.
Dans un couloir : bibliothèque murale, frise colorée, banc filant.
À retenir : Même sur 1 m², une fonction bien définie peut transformer l’usage d’une pièce.
5. Allégez visuellement : le vide est un choix, pas un manque
Un intérieur visuellement chargé fatigue l’œil et le mental. Trop d’objets, de matières, de ruptures… L’espace devient bruyant.
Alléger, ce n’est pas faire “moins”. C’est faire mieux.
C’est créer du rythme visuel, des silences, des respirations. Ce qu’on montre doit avoir un sens. En design d’espace, on parle de “rythme visuel” : comme en musique, les silences sont aussi importants que les notes.
Passons à la pratique :
60 % d’objets visibles maximum sur une étagère
Sol homogène = continuité visuelle. À défaut, utilisez un tapis ton sur ton
Lumières indirectes : pour une ambiance douce et cohérente
Matières sobres et lignes calmes : finitions mates, formes douces, rangements fermés
Mieux vaut un tableau fort et une plante graphique que 12 petits objets sans lien entre eux.
Les pièges courants à éviter
Négliger les zones de transition : entrées, couloirs et paliers influencent la fluidité globale.
Ignorer les hauteurs : concentrer tout à hauteur de regard ou au sol crée un déséquilibre.
Ne pas respecter les proportions : un canapé trop imposant ou un tapis trop petit brise l’harmonie.
Oublier la lumière : un mauvais éclairage peut annuler les efforts d’aménagement.
Vouloir “tout montrer” : exposer trop d’objets dilue leur impact visuel et surcharge l’œil.
Conseil bonus – Faites la paix avec vos objets : l’art du tri intelligent
Optimiser son espace, ce n’est pas seulement mieux disposer ce qui existe… c’est aussi choisir ce qui mérite vraiment d’y rester.
Passons à la pratique :
Le test de l’utilité et de la joie : un objet doit soit servir, soit apporter un sentiment positif.
La règle du “un pour un” : chaque nouvel objet remplace un autre.
La création d’un espace “tampon” : boîte ou panier pour les objets en attente. S’ils ne manquent pas au bout de 3 mois, ils peuvent partir.
Le “panier de passage” : installé dans l’entrée pour déposer au quotidien ce qui doit être rangé, donné ou jeté.
Astuce : chaque objet retiré libère de l’espace physique… et mental.
Optimiser son intérieur, ce n’est pas une tendance. C’est créer un espace qui vous soutient, reflète vos besoins et respecte votre rythme de vie.
Votre intérieur vous influence plus que vous ne l’imaginez. Il peut vous freiner ou vous inspirer.
Transformer son chez-soi, c’est bien plus que déplacer des meubles. C’est amorcer un changement en vous, tout en douceur, à travers ce que vous habitez. Et parfois, il suffit simplement d’un autre regard pour faire émerger des solutions claires, simples et alignées avec vous.
Rendez-vous en octobre au Labo Déco du Salon de l’Habitat de Brest. Apportez vos plans, vos idées, vos blocages ou vos envies floues… Ensemble, nous leur donnerons forme.